LE CADEAU

LE MOT CADEAU

Nous y voici, à cette période de l’année où il en va de notre sens moral (ou pas) d’offrir (ou pas( des cadeaux à autrui. Question pour certains qui relève d’un véritable dilemme pendant que pour d’autres, le questionnement ne vient même pas à l’esprit : POURQUOI OFFRIR UN CADEAU ?

Selon Wipikédia, le cadeau serait : Un cadeau ou présent est une forme courante de don destiné à faire plaisir à une personne physique. Par extension, c’est quelque chose qui rend autrui heureux ou moins triste, une faveur, un acte de bonté et de pardon. Habituellement, le cadeau doit être déclarer avant que la personne le reçoit.

Selon le Robert, il serait juste: Un objet que l’on offre.

Dans un très bel article paru sur le Figaro, j’ai trouvé peut-être l’origine étymologique du mot « cadeau« . En tous cas, moi ca me va très bien.

LE SYMBOLISME DU MOT CADEAU

Mais du côté symbolique ? Ou en suis-je ? Là est la question que je me pose depuis plusieurs années de suite. Qu’est ce que cela représente pour moi ? Que ce soit de le recevoir ou de l’offrir ?

Offrir un cadeau à l’autre, à pour moi, essentiellement une valeur symbolique. Si je n’aime pas, je n’offre pas. Je réalise alors un devoir en apportant à la personne quelque chose de matériel et je ne m’investis pas plus que ça. On sera dans la politesse et la discrétion du savoir vivre et être en société mais rien de plus. Une manière de remercier l’invitation, par exemple. En revanche s’il s’agit d’un « cadeau » pour un être cher et aimé, l’approche sera différente.

Je tiendrais compte de différents paramètres et surtout celui de « faire plaisir à l’autre » avant de me faire plaisir à moi. Sachant qu’en offrant, je me fais déjà plaisir. Le reste appartient à l’autre et non plus à moi. D’autre part, je serais dans une recherche qui me reliera à l’autre. A ses aspirations, à ce qu’il aime, à ses rêves, ses passions.

Dans le cadeau, je vois beaucoup de symbolisme. Donc, la valeur marchande ne sera pas le plus important et le prix ne sera pas décisif. En revanche, mon investissement personnel le sera.

DE TOI à MOI & de MOI à TOI

Est ce que j’attends de l’autre la même chose ? Pas vraiment dans la mesure où je peux m’offrir à moi même ce dont j’ai envie et surtout dans la mesure où j’ai compris que l’autre est différent de moi et qu’il fera ce qu’il peut. Le rapport que nous avons avec le sujet est de l’ordre du personnel et de l’intime. Il remonte à quelque chose d’archaïque en nous et nous faisons avec comme avec reste : ce que nous pouvons.

Je sais très bien ce qui « se joue » à travers le cadeau. Le transfert, le déplacement etc…mais surtout la manière dont l’autre nous voit. C’est révélateur. Voilà aussi pourquoi c’est un sujet hyper sensible.

MA PETITE ENFANCE & LE CADEAU

Jusqu’à mes 18 ans, jusqu’à ce que je commence à travailler, j »ai rarement reçu des « cadeaux » à proprement parlé. J’ai été élevée par ma grand-mère et mon arrière grand-mère. Ces deux femmes n’avaient pas de mari. Du jour au lendemain, je suis arrivée dans leurs vies, parachutée comme un boulet tombé du ciel sans prévenir. Leurs ressources financières étaient limitées et j’ai été élevée « à l’ancienne ». Economie, respect des choses, valeur de la marchandise etc…

Il n’était pas question de « cadeaux » à tout va. Au contraire. Le cadeau n’était pas chez ma grand-mère une monnaie d’échange. Il avait la valeur symbolique du sacré et ne s’offrait que dans de grande occasion comme, batême, communion solennelle (j’ai été élevée dans le culte du catholicisme), mariage…Autant dire que les cadeaux se sont comptés sur les doigts de mes deux mains pour mes 2 premières décennies de vie. Oui mais voilà…

Durant mes 6 premières années, j’ai manqué de tout de la part de mes parents biologiques et surtout de l’essentiel à l’épanouissement d’un enfant (alimentation, attention, surveillance, soins etc…). Les faits ont débouchés sur mon placement en urgence par les autorités compétentes chez ma grand-mère paternelle où j’ai vécu tout le contraire durant les 14 années suivantes. Sans pour autant recevoir des « cadeaux » matériels.

Le mot, « cadeau » est un mot dont j’ignorais tout du sens jusqu’à mes 6 ans. A partir de là, il fut sanctifié religieusement essentiellement. Ceci explique peut-être cela…Allez savoir !!!

REVELATION

Incidemment, j’avais alors 13 ans, Marie LAFORET venait de sortir son magnifique single « CADEAU ». 13 ans c’est aussi l’âge où j’ai fait ma communion solennelle avec aube et tout et tout dans une magnifique église de NICE où nous habitions. Jusqu’à la naissance de mes filles, j’ai dis que le plus beau jour de ma vie avait été celui ou j’ai fait ma communion.

J’ai fait alors le parallèle entre les paroles de cette chanson et la vie que je vivais chez ma grand-mère. Tout à coup, j’ai été comme « habitée » par quelque chose de l’ordre du sens même du mot « cadeau ».

Je conçois ici qu’il y avait quelque chose d’un peu mystique dans mon raisonnement d’alors : l’encens diffusé dans l’église lors de la cérémonie, les chants religieux, toutes ces jeunes filles qui déambulaient vers l’autel en aube blanche avec le grand cierge entre leurs mains d’ado, l’euphorie de l’importance symbolique du jour.

Tout cela me rapprochait d’une interprétation de l’union entre l’homme et les divinités.

CHEMINEMENT DU MOT CADEAU

La vie m’a appris le sens que je veux donner à ce mot magique de « cadeau ». Selon les périodes, les expériences et les aléas, je l’ai adapté au cours du déroulement de mes expériences. Parfois galvaudé à l’extrême lorsque j’étais dans la consommation abusive (une manière de donner de la confiance de manière compulsive à la personne culpabilisée que j’étais alors…).

En ce sens je disais alors que la vie ne me faisait « aucun cadeau ». Jusqu’à ce que je réalise qu’en fait, j’étais seule responsable de mes (mauvais) choix d’alors.

Aujourd’hui, il est pour moi un mot « sacré » dans le sens que je lui donne une valeur symbolique. Mais je reste humble dans mon intention, car encore une fois : nous ne sommes pas tous égaux (et tant mieux) devant le questionnement philosophique.

Techniquement parlant afin de ne pas « être déçue » de la réaction de l’autre, je me dis que je me suis faite plaisir en offrant un cadeau qui respecte le cahier des charges des désidératas de l’autre. Mais aussi comme je n’attends pas de reconnaissance de la part des autres, je me satisfais d’être raccord avec moi-même. Pas de conflits intérieurs d’intérêts = paix dans l’esprit !!!

Et en fait, c’est ce cadeau en retour que je reçois systématiquement de moi-même sur ce sujet (entendons nous bien) : la paix.

MOT DE LA FIN

Si je devais associer un autre mot à celui de cadeau, je dirais « BIENVEILLANCE » envers soi et envers les autres.

Si d’aucuns n’ont pu m’offrir des cadeaux matériels, il y a bien une chose qui a une valeur inestimable pour moi et qui m’a été offerte par ma grand-mère et mon arrière grand-mère, leur « bienveillance » envers moi.

En avançant dans l’âge, je me rends compte combien la bienveillance est un cadeau qui peut changer la vie d’une personne. Un tuteur de résilience pour moi, sur lequel j’ai pu m’appuyer toute ma vie. Car comme la théorie des dominos, une chose en a entrainée une autre. Phénomène de propagation…

Aujourd’hui j’ai conscience qu’il m’a fallu du temps (juste celui nécessaire au fond), pour comprendre que le plus beau cadeau de la vie m’a bien été offert (mais que c’est juste que moi je ne l’avais pas compris à l’époque) par des personnes aimantes.

TRANSMISSION INTER-GENERATIONNELLE

Je ne sais pas si mes filles et mes petits enfants auront le meme sentiment que moi sur le mot cadeau. Car il s’agit bien d’une interprétation personnelle. Et ils ont la leur (heureusement !!!). Comme il s’agit aussi d’un reflet de l’expérience de vie, ils ont le temps d’évoluer dans leur propre cheminement. Quoiqu’il en soit, ils savent tous que j’ai passé ma vie (depuis leur arrivée dans mon existence) à récurer mes casseroles transgénérationnelles afin que ce travail leur soit épargné. Ils auront suffisamment de quoi faire à récurer les leurs.

A mon sens, c’est là, le plus beau cadeau que je puisse leur faire. Bien entendu, le matériel est en option et j’adore en abuser pour eux !!!

A ne pas confondre, bienveillance et bientraitance…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *